Paul Magnette s'inquiète face au "vrai visage" de Bart De Wever, Alexander De Croo veut se faire de nouveaux amis
Chaque vendredi, La Libre vous propose un résumé de l'actualité pré-électorale en Belgique en revenant sur les faits marquants de ces sept derniers jours.

- Publié le 31-05-2024 à 15h36

J-9. Ça y est, les politiques ont entamé la dernière ligne droite de la campagne. Que ce soit sur les plateaux télé ou sur les réseaux sociaux, les candidats mouillent le maillot. Et parfois, ça pète. Pour y voir plus clair, La Libre revient chaque vendredi sur les actualités qui ont marqué la semaine politique. Déclarations chocs, tensions, programmes... Découvrez tout ce que vous auriez pu rater ces derniers jours.
1. A quoi joue la N-VA ?
Gouvernera ou gouvernera pas ? La N-VA a soufflé le chaud et le froid cette semaine concernant sa possible montée au pouvoir au niveau fédéral. Le président des nationalistes flamands a fait savoir ce jeudi qu'il ne participerait à un exécutif qu'à condition qu'il en soit le Premier ministre. Sinon, ce sera l'opposition pour la N-VA. Ce qui vient compliquer catégoriquement les négociations puisqu'on sait qu'il ne s'agit pas des seules conditions posées par les nationalistes flamands. Ils veulent également un gouvernement majoritaire au nord du pays et un exécutif qui accepte de mettre en oeuvre une réforme de l'Etat. Ah non. Minute papillon. Finalement, la réforme de l'Etat peut attendre. Ce vendredi, le bourgmestre d'Anvers a fait savoir qu'il pourrait entrer dans un gouvernement sans mettre sur la table le dossier communautaire. "La seule tâche me semble être de mettre de l'ordre dans le budget", a précisé l'homme fort de la N-VA, précisant toutefois que des discussions pourraient être entamées en parallèle sur la future réforme de l'Etat. Mais, s'il a adouci son discours, il n'en a pas moins perdu de vue son objectif final : le confédéralisme. Bart De Wever a juste indiqué qu'il pourrait attendre. Mais preuve qu'il n'a pas beaucoup de patience, il a ajouté qu'il envisageait d'organiser de nouvelles élections en 2026. Et, cette fois, hors de question de laisser le volet communautaire de côté.
Du côté de la N-VA, on a réfuté un quelconque changement de stratégie. "Ce que nous voulons a été expliqué mille fois", a réagi le porte-parole du parti, affirmant que la formation politique ne déviait en rien de sa trajectoire.
2. Paul Magnette prend peur face au "vrai visage" de Bart De Wever
Décidément, il est difficile d'échapper à Bart De Wever dans cette campagne. Si la plupart des présidents de parti sont actuellement partout, l'homme fort de la N-VA est, lui, tout particulièrement omniprésent. Entre ses passages, très remarqués, dans l'émission Het Conclaaf sur VTM et ses interviews sur les plateaux télévisés, le président des nationalistes flamands a mis les bouchées doubles pour cette dernière ligne droite. Ce mardi 28 mai, c'est face à Paul Magnette qu'il s'est présenté, en direct sur VTM et sur RTL. Le débat mêlant français et flamand a permis au président de la N-VA de clarifier certains points. Comme son refus de gouverner avec l'extrême droite ou encore de monter dans un gouvernement dirigé par son homologue socialiste. De son côté, Paul Magnette a fermé la porte au confédéralisme, faisant une croix sur le fameux accord PS-N-VA pour une réforme de l'Etat, qui fait couler tant d'encre depuis le précédent scrutin et les négociations entre les deux hommes. "Enfin, après une heure de débat, on voit votre vrai visage M. De Wever. Vous pouvez compter sur nous pour vous faire barrage et vous empêcher de mettre en place votre confédéralisme qui n'est qu'une étape vers la fin de la Belgique", s'est emporté le bourgmestre de Charleroi.
Au terme de leurs échanges, une chose était sûre: ils n'étaient d'accord sur quasi rien. Hormis l'aide à l'Ukraine. Pour le reste, les divergences entre Paul Magnette et Bart De Wever étaient flagrantes. Les deux présidents de parti tirent les mêmes conclusions, sont conscients des problèmes, mais n'ont pas les mêmes idées pour les résoudre.
L'un des deux hommes s'est-il davantage illustré ? Pas vraiment... Comme nous l'a expliqué la journaliste de Het Laatste Nieuws Isolde Van den Eynde, ni l'un ni l'autre ne pouvait se permettre de perdre. Ce qui a donné un match passionnant, mais d'où personne ne sort vraiment perdant. "Bart De Wever a joué la carte de la rationalité. Il a étudié tous les chiffres pour attaquer la Vivaldi et le PS. Magnette a également eu recours aux chiffres, mais il a beaucoup plus joué la carte de l'émotion. Il a adopté aussi une position plus défensive. Mais, à la fin, je pense qu'ils ont tous les deux gagné, l'un en Flandre, l'autre en Wallonie", a conclu l'éditorialiste politique, dans notre rendez-vous Regard de Flandre.

3. Les adieux d'Alexander De Croo au 16 ?
Alexander De Croo (Open Vld) semble déjà se faire à l'idée qu'il ne sera pas à la tête du prochain gouvernement. Dans un programme de Play4, le Premier ministre a été interrogé sur ses ambitions post-électorales. Et l'homme a été clair: hors de question de revendiquer le 16 rue de la Loi si son parti n'obtient pas un score suffisant. Actuellement, c'est la débandade pour l'Open Vld dans les sondages : le parti libéral flamand pourrait se trouver sous la barre des 10% lors de ce scrutin. "Ce n'est pas logique de vouloir être Premier ministre dans ces conditions. Si on obtient moins de 10%, alors il faut dire: d'autres sont sortis plus forts, et c'est à eux de décider", a-t-il estimé.
Et ce ne sont pas les seuls propos d'Alexander De Croo qui ont retenu notre attention, cette semaine. Face à Bart De Wever (encore lui!), le Premier ministre a (définitivement ?) enterré la Vivaldi. Mettant de côté le PS et Ecolo, l'actuel chef du gouvernement a appelé à "unir les forces de centre-droit en Flandre et en Wallonie".
Enfin, il a estimé qu'il serait préférable à l'avenir de voir les chefs des différents partis rejoindre le prochain gouvernement. Selon lui, la mesure permettrait d'éviter que des décisions prises par l'exécutif soient par après dénoncées par les états-majors politiques. Et ça, on le sait, Alexander De Croo est bien placé pour en parler. Il en a fait la (douloureuse) expérience tout au long de cette législature. Pas vrai, M. Bouchez ?