7 semaines de cours puis 2 de congés, les rythmes scolaires divisent les professeurs : "On sent parfois que c'est la semaine de trop"
Introduit en 2022, le nouveau calendrier scolaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles continue de diviser la communauté enseignante, trois ans plus tard.

- Publié le 20-08-2025 à 06h38
- Mis à jour le 20-08-2025 à 11h01

Cette année, les élèves de l'enseignement obligatoire en Fédération Wallonie-Bruxelles feront leur rentrée le lundi 25 août. Cette date découle de la réforme des rythmes scolaires, d'application depuis 2022. Le calendrier de l'ensemble des 900 000 élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles, depuis la maternelle jusqu'à la fin des secondaires, a ainsi été modifié.
Le rythme scolaire est donc désormais dessiné autour de l'alternance de 7 ou 8 semaines de cours suivies de 2 semaines de vacances. Les congés d'automne (Toussaint) et de détente (Carnaval) sont ainsi passés d'une à deux semaines, tandis que les vacances d'été ont été réduites à 7 semaines. "En plus de diminuer le stress et la fatigue tout au long de l'année", ce nouveau rythme "contribue à amenuiser les effets du décrochage scolaire, généralement observés à la rentrée des classes, du fait d'une trop longue rupture scolaire", est-il justifié dans le Pacte d'Excellence.
Des avantages…
Trois ans après sa mise en application, les enseignants ont-ils réussi à s'y adapter ? "Au départ, j'étais un peu sceptique de me dire qu'on change complètement ce calendrier", confie Tommy Berben, professeur de sciences dans le degré inférieur à l'Institut Sainte-Begge d'Andenne. "Mais même s'il est vrai que les périodes entre les congés sont parfois longues – entre 6 et 8 semaines – je trouve finalement qu'il y a un rythme beaucoup plus régulier."
Pour l'enseignant, cette régularité amène aussi plus de facilité en termes d'organisation. "Avant la réforme, j'ai connu des années où on avait parfois 3 semaines de cours, suivies d'une coupure de congés. Ensuite, on enseignait pendant 8 semaines, puis on passait à 4 semaines. Il y avait vraiment un énorme décalage, c'était donc très compliqué de planifier la matière", se rappelle-t-il.
Le professeur de sciences se dit aussi satisfait de la nouvelle répartition des congés, qui est selon lui désormais plus équilibrée. "Cela fait 13 ans que j'enseigne, et j'ai toujours trouvé que les vacances d'été étaient beaucoup trop longues." Même chose en ce qui concerne les congés pendant l'année scolaire. "Avant, je constatais que beaucoup de mes élèves faisaient des stages ou partaient par exemple au ski à carnaval. Comme ils n'avaient qu'une semaine à chaque fois, ils ne savaient pas véritablement se reposer."
…et des inconvénients
Sigrid Noirfalisse, professeure d'anglais à l'Athénée royal de Huy, se dit quant à elle plus partagée au sujet de la réforme. "En tant qu'enseignante, deux semaines sont nécessaires pour récupérer puisque le métier demande énormément d'énergie. Mais au niveau des élèves, en revanche, je trouve que ce n'est pas adapté parce que ces 15 jours sont suivis par une semaine durant laquelle on ne peut pas interroger les élèves. Dans la tête des jeunes, ce sont trois semaines de congé", avance-t-elle.
Certains enseignants opposés à la réforme des rythmes scolaires pointent aussi du doigt une autre problématique. En reprenant les cours après deux semaines au lieu d'une auparavant, les élèves éprouveraient plus de difficultés à "se remettre dans le bain". "Même si le nombre de jours de congé est le même, on a vraiment l'impression de manquer de temps puisqu'il faut à chaque fois relancer les élèves lorsqu'ils reviennent de vacances. Avant, une semaine de congé demandait 2 ou 3 jours de relance. Maintenant, 15 jours de congé plus la semaine où l'on ne peut pas interroger, ça demande une semaine complète de relance. On perd quasiment un mois à chaque congé", déplore-t-elle. Un avis que ne partage pas personnellement Tommy Berben. "Honnêtement, je ne vois pas de différence. Les élèves ne deviennent pas beaucoup plus fatigués et n'oublient pas forcément plus la matière parce qu'il y a deux semaines", explique-t-il.
Cela étant, l'enseignant admet l'existence d'un point négatif à ce nouveau calendrier. "Certaines périodes de cours sont parfois un peu longues. C'est beaucoup plus compliqué de tenir des élèves huit semaines que de les tenir trois semaines comme on avait parfois avant. Certains jours de la dernière semaine de cours, on sent parfois que c'est la semaine de trop, que le rythme est moins soutenu."
Une légère adaptation du calendrier pour 2025-2026
La refonte du calendrier scolaire de la FWB a également entraîné une désynchronisation avec le rythme des écoles flamandes, posant des difficultés pour les familles dont les enfants sont scolarisés dans les différentes communautés linguistiques. Pour pallier ce problème, du moins en partie, une légère adaptation a été adoptée pour cette année scolaire 2025-2026. Ainsi, les écoles francophones et flamandes partageront une semaine de congé lors des vacances de détente (Carnaval).
Cette année, le congé d'automne (Toussaint) aura lieu du 20 au 31 octobre, les vacances d'hiver (Noël) du 22 décembre au 2 janvier, le congé de détente (Carnaval) du 16 au 27 février et les vacances de printemps (Pâques) du 27 avril au 8 mai.
