La FEF veut rémunérer les stages de longue durée : "Sans les stagiaires infirmiers, kinés ou médecins, les hôpitaux ne fonctionneraient plus"
Alors que les gardes d'internat de certains étudiants de médecine ne seront plus payées, la Fédération des Étudiants francophones entend rendre obligatoire la rémunération des stages de longue durée.

- Publié le 13-04-2026 à 17h39

La semaine dernière, les étudiants de médecine de l'ULB et de l'UMons ont appris l'arrêt du paiement de leurs gardes d'internat à l'Hôpital Erasme, l'Institut Jules Bordet et l'Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola.
C'est dans ce contexte particulièrement tendu que la Fédération des Étudiants francophones (FEF) a entamé une discussion en interne au sujet des stages en général. "Le montant des frais de stage ressortait beaucoup", explique Adam Assaoui, président de la FEF. "Si le stage n'a pas lieu dans la ville où l'on vit, cela implique des frais de voiture ou de transports en commun. Comme on n'est pas sur le campus, on n'a pas non plus accès aux cantines de l'université : au lieu d'un sandwich à 2€, on peut se retrouver à le payer 6€, illustre-t-il. Certains autres jeunes qui travaillent en job étudiant se rendent en stage de 8h à 17h avant de rentrer se changer pour aller travailler dans un bar jusqu'à minuit."
"Sans les stagiaires infirmiers, kinés ou médecins, les hôpitaux ne fonctionneraient plus"
Des stagiaires indispensables
Beaucoup de témoignages reçus par la FEF évoquent aussi des stages où l'étudiant se retrouve à remplacer un travailleur. Une étudiante en pédagogie aurait par exemple dû donner cours à la place de sa maître de stage, partie en arrêt de travail. Même chose pour les étudiants en soins infirmiers ou en médecine, qui assurent que les horaires des shifts dans les hôpitaux sont créés en comptant sur les stagiaires. "Sans les stagiaires infirmiers, kinés ou médecins, les hôpitaux ne fonctionneraient plus", affirme Adam Assaoui.
Pour toutes ces raisons, la FEF a déposé une proposition auprès du gouvernement fédéral. Elle évoque notamment un allègement des frais engendrés par un stage pour les étudiants, qu'il s'agisse de frais de déplacement, de matériel, voire de logement. Le texte demande d'imposer leur remboursement aux organismes d'accueil.
Rémunérer les stages de longue durée
Mais ce n'est pas tout. Pour les stages de longue durée (soit plus de 6 semaines), le texte prévoit une rémunération obligatoire de l'étudiant, à hauteur de 50 % du salaire minimum, soit 1094€ bruts pour un temps plein. "L'idée, c'est qu'il y ait au moins 800 euros dans la poche de l'étudiant", résume Adam Assaoui. Actuellement, aucune rémunération obligatoire ni remboursement des frais ne sont imposés, à l'exception d'initiatives volontaires des organismes d'accueil ou de cas particuliers.
"Seuls deux types de stages sont institutionnellement payés en Belgique", rappelle le président de la FEF. Le premier concerne les institutions européennes, qui proposent des stages rémunérés et le second concerne l'École royale militaire, où les étudiants sont payés pour étudier. "Depuis longtemps, on dit que si l'État voulait vraiment résorber la pénurie de métiers essentiels comme l'enseignement ou les soins infirmiers, il lui suffirait de reprendre le modèle en place pour les étudiants militaires et de l'étendre aux étudiants de ces secteurs", plaide Adam Assaoui.
La Belgique, mauvaise élève ?
Dans l'Union européenne, on estime que 55 % des stagiaires sont rémunérés ou indemnisés. À en croire la FEF, la Belgique ferait partie des mauvais élèves. Selon Adam Assaoui, il existe trois types de pays en matière de rémunération des stages de longue durée. Les pays sans obligation légale mais où les entreprises payent ou défraient (Allemagne, Pays-Bas), les pays où le stagiaire est assimilé à un travailleur et bénéficie au moins du salaire minimum (Irlande, Royaume-Uni) et les pays où le stagiaire bénéfice d'une rémunération légale spécifique (France, Italie, Finlande). De quoi, peut-être, inspirer la Belgique.