David Clarinval (MR) : "Le système PS est basé sur le maintien de l'assistanat pour alimenter électoralement le parti"
Le vice-Premier ministre libéral au sein du gouvernement De Wever répond aux critiques des socialistes francophones et de la FGTB sur la limitation dans le temps des allocations de chômage.

- Publié le 03-05-2025 à 07h06
- Mis à jour le 03-05-2025 à 14h31

Dans la Vivaldi, comme vice-Premier ministre MR, vous étiez parfois isolé lors des conseils des ministres. Est-ce différent dans l'Arizona ? Le MR doit incarner la droite face aux socialistes flamands et aux centristes, tandis que la N-VA, qui a le poste de Premier ministre, doit obtenir les compromis.
Dans la Vivaldi, j'ai connu de grands moments de solitude, c'est juste… Je comprends votre analyse mais il y a une grande différence entre la Vivaldi et l'Arizona : la cohérence est beaucoup plus grande entre les partis de la majorité. Il y a des nuances, évidemment, mais pas de grands écarts incroyables comme à l'époque de la Vivaldi. Il y a un travail d'équipe.
Si le MR ne pouvait mener à son terme le dossier sur la limitation dans le temps des allocations de chômage, le gouvernement tombera-t-il ?
On n'en est pas là. J'ai beaucoup de contacts avec Frank Vandenbroucke et on cherche à franchir les difficultés. On trouvera des solutions, je ne vais pas faire de déclarations matamoresques. Je suis toujours du côté des solutions. C'est sans doute lié à ma longue expérience de bourgmestre (de Bièvre, NdlR).
Que pensez-vous de Bart De Wever comme Premier ministre ? Avoir au "16" un nationaliste flamand qui a pu tenir des propos désagréables pour les francophones, ce n'est pas anodin.
Il est très correct et très loyal. Il veille à appliquer l'accord de gouvernement le plus correctement possible. On connaît tous les parcours des uns et des autres. Maxime Prévot (vice-Premier ministre Engagés) et moi veillons à ce que les intérêts des francophones ne soient pas oubliés. Jusqu'à présent, je n'ai pas vu de dossiers où la volonté de favoriser une communauté plutôt qu'une autre se faisait sentir.
Elio Di Rupo (PS), ancien Premier ministre, a déclaré sur LN24 que la limitation dans le temps du chômage amorçait la fin de la Belgique et de la sécurité sociale.
Ce qu'Elio a dit traduit ce que je disais sur le PS : pour les socialistes francophones, la limitation dans le temps des allocations de chômage est un changement culturel, la fin de l'assistanat pour passer à un système d'activation. Pour le PS, c'est mortel : tout le système socialiste, wallon comme bruxellois, est basé sur le maintien de l'assistanat pour alimenter électoralement le parti. C'est ce système que l'on casse. Pour eux, c'est la fin du monde. Mais il n'y a qu'en Belgique que le chômage illimité existe.
Comprenez-vous toutefois l'inquiétude du secteur des CPAS qui va devoir accueillir de nombreux exclus du chômage ?
Je la comprends tout à fait. Avec Maxime Prévot, nous avons d'ailleurs veillé à ce qu'Anneleen Van Bossuyt (N-VA, ministre de l'Asile et de la Migration également en charge des CPAS) vienne le plus vite possible avec son projet de réforme du financement des CPAS afin que, dès 2026, il y ait un soutien pour les CPAS. Plusieurs centaines de millions d'euros seront affectées aux CPAS.

Découvrez la première partie de l'entretien ici.