"The Beauty": que vaut la nouvelle création de Ryan Murphy ?
Entre horreur et glamour, voici une série bien cintrée qui va, forcément, connaître une suite.

- Publié le 21-01-2026 à 18h36

Après le calamiteux All's Fair, l'idée de regarder une nouvelle série siglée Ryan Murphy n'était pas la plus enthousiasmante. D'autant que le pitch – "glamour, horreur, luxe et dystopie" – n'était, lui non plus, pas très engageant. Et pourtant…
Capable du meilleur comme du pire, donc, Ryan Murphy, en adaptant la bande dessinée de Jeremy Haun et Jason A. Hurley, réalise un joli tour de force : celui de nous faire oublier que le glamour, l'horreur, le luxe voire la dystopie ne sont vraiment pas notre tasse de thé.

L'affaire commence à Paris. Lors du défilé Balenciaga (la série est truffée de placement de produits), une top model (Bella Hadid dans une apparition courte mais musclée) part en vrille, se jette sur une rédactrice de mode, lui arrache sa bouteille d'eau puis frappe tout qui l'approche. Après quoi elle pique une moto déambule dans la capitale et finit sa course, bien amochée, dans un resto où elle zigouille cinq personnes. Avant d'exploser – au sens littéral du terme – en pleine rue. La piste terroriste est rapidement écartée, mais l'angoisse monte d'un cran quand on découvre que d'autres événements similaires se sont déroulés à Berlin et à Venise. Deux agents du FBI sont alors missionnés par les autorités pour enquêter sur une affaire qui pourrait impliquer l'État (recherches qui auraient mal tourné ? Arme de destruction massive déguisée en bombe sexuelle ?).
Dans le même temps, à Rome, un richissime homme d'affaires (Ashton Kutcher) semble détenir les clefs de l'affaire, lesquelles seraient liées à son insolente beauté.
Une bonne idée ne suffit pas
Ryan Murphy ferait-il une petite fixette sur la quête de la beauté à tout prix ? Après Nip/Tuck, son premier gros succès qui date, déjà, de 2003, c'est, peu ou prou, le même ouvrage qu'il remet sur le métier avec The Beauty. À ceci près (et ce n'est pas rien) que le "fantastique" est cette fois de la partie. Car l'idée de base – la beauté pourrait être inoculée par un virus, à mi-chemin entre Ebola et le sida dont il partage le mode de transmission – ne suffit pas à faire un grand spectacle. Il faut donc "montrer" la transformation d'hommes et de femmes lambda et mal dans leur peau en super canons. Et c'est là que le bât blesse. Dans des scènes volontiers grotesques, les acteurs se contorsionnent en tous sens puis se retrouvent pris dans un cocon gluant duquel ils renaissent sous une autre apparence. Admettons que cela soit symbolique…
Prêchant d'une manière un tantinet appuyée la bonne parole, le scénariste nous rappelle, avec la légèreté d'un Paolo Coelho, que la beauté est intérieure, etc. La bonne idée, c'est que ces mots un peu mièvres, quand ils sont prononcés par Isabella Rossellini – égérie, pendant des années, d'une grande marque de cosmétiques – prennent une tonalité beaucoup plus convaincante (et comique).
En onze épisodes d'une durée très variable (de 28 à 52 minutes !), Ryan Murphy enfonce quelques portes ouvertes, mais il le fait avec un cynisme qui n'est pas pour déplaire. Il aurait pu, toutefois, avoir la main moins lourde sur les scènes d'action, répétitives et souvent inutiles. Et nous offrir un peu plus d'Ashton Kutcher, absolument délicieux dans le rôle du grand méchant beau.
The Beauty
Série créée par Ryan Murphy et Matt Hodgson Avec Ashton Kutcher, Isabella Rossellini, Bella Hadid Anthony Ramos, Jeremy Pope, Evan Peters, Rebecca Hall,… Disney + 11 épisodes de longueur variable.