François Provost, CEO de Renault : "Nous avons tenu nos promesses"
Le groupe a présenté sa feuille de route pour 2030. Nouveaux modèles, meilleure expérience client et l'arrivée de Calvin, un robot humanoïde.

- Publié le 10-03-2026 à 13h15
- Mis à jour le 10-03-2026 à 15h03

L'ambition est en soi simple, du moins sur le papier : "transformer notre réussite en système de réussite", a résumé François Provost, CEO. Dans sa conclusion au terme de la présentation du plan stratégique du groupe Renault intitulé futuREady, avec RE comme Renault bien entendu.
La réussite, c'est le plan Renaulution, lancé voilà cinq ans par un certain Luca de Meo, qui a quitté le groupe en juillet dernier pour rejoindre Kering. "Renaulution a été un succès sous la direction de Luca de Meo", a souligné son successeur.
Un succès qui offre donc "des bases solides" pour la nouvelle feuille de route.
Renaulution avait déjà permis à Renault de repartir de l'avant avec une nouvelle vague de véhicules. "La reprise a été à l'ordre du jour en Europe. Nous avons tenu nos promesses".
Renault est ainsi la deuxième marque sur le marché européen. Dacia caracole en tête de ce même marché européen grâce à son modèle Sandero et Alpine a retrouvé le sourire avec ses modèles A290 (le clone de la R5 électrique) et 390. Une A110 électrique est attendue. "Ce sera la première voiture sportive 100% électrique au monde", a déclaré Philippe Krief, CEO, qui compte bien dépasser les 11 000 ventes de 2025 en 2026.

Pour aller de l'avant, il faut bien entendu proposer de belles voitures qui plaisent au public à un prix attractif.
Plus de thermique en 2030 ?
En Europe, ce ne seront pas moins de 22 nouveaux modèles, dont 16 électriques. L'électrification reste le fer de lance de la marque au losange. À l'horizon 2030, Renault vise 50 % de ventes de modèles électriques et 50 % de modèles hybrides. Plus de voitures 100% essence, donc.
À l'international, ce seront cette fois 14 nouveaux modèles dans les cinq ans, soit deux fois plus que sous le plan Renaulution. L'Amérique latine, l'Inde et la Corée du Sud, c'est un marché équivalent à l'Europe. Là, l'ambition est de vendre 50 % de voitures électrifiées en 2030.
Une Renault doit surtout faire rêver. "Notre ambition est de susciter l'émotion dès le premier regard", remarque Fabrice Cambolive, CEO de la marque Renault. L'ambition est aussi de faire de Renault "la première marque française dans le monde", grâce notamment au marché indien. "C'est la pierre angulaire de notre plan de développement". Le modèle Bridger, attendu en 2027, est justement destiné à ce marché, du moins dans un premier temps.
Fabrice Cambolive a également présenté la Renault Space Lab, un concept qui se retrouvera par touches dans les prochains modèles. L'espace et le confort atteindront un nouveau niveau de qualité. Les sièges arrières seront modulables et l'écran incurvé fera toute la longueur du tableau de bord.
Chez Dacia, l'ADN de la marque roumaine reste d'offrir "le meilleur rapport qualité/prix", a rappelé Katrin Adt, CEO depuis septembre dernier. "Notre formule magique, c'est de nous concentrer sur ce qui compte vraiment pour le client".
Dacia, ce sera prochainement une voiture électrique fabriquée en Europe à moins de 18 000 euros. Elle sera construite en Slovénie sur la même ligne que la Renault Twingo. Fort du succès du Bigster sur le segment C, Dacia va continuer à explorer ce marché. Le futur modèle Striker, proposé en hybride et en LPG, fera 4,62 mètres de long. Il sera fabriqué en Turquie, avec une arrivée sur le marché fin 2026. "C'est un modèle complémentaire à Bigster dont le prix de départ sera inférieur à 25 000 euros". À l'horizon 2030, Dacia table sur des ventes de véhicules électrifiés de deux-tiers, contre 25 % aujourd'hui grâce à l'arrivée de quatre nouveaux modèles électriques.

Il faudra aussi rendre heureux l'acheteur d'une voiture. "L'expérience client est un levier essentiel pour faire face à la concurrence. Pour gagner, nous devons rivaliser avec nos meilleurs concurrents, en particulier les constructeurs chinois", reprend le CEO du groupe. L'une des réponses est la Twingo. "La Twingo est une voiture d'excellente qualité avec beaucoup de fonctionnalités, à moins de 20 000 euros. Nous essayons d'être encore plus attrayants avec des voitures fabriquées en Europe".
L'expérience client passe par une baisse des "incidents", c'est-à-dire des problèmes rencontrés par les propriétaires d'une voiture. La réduction a été de 50 % ces dernières années. La volonté est d'encore diminuer ces incidents de moitié. Des problèmes pourront même être résolus à distance grâce à l'IA.
Rentabilité accrue
L'un des axes de futuREady est aussi une "rentabilité accrue". Elle se déclinera grâce à 30 % de pièces en moins par véhicule, par un temps de fabrication lui aussi réduit de 30 % par rapport aux dix heures obtenues avec la R5, ou encore une accélération du plan de robotisation.
Le robot humanoïde Calvin est déjà l'œuvre depuis quelques jours à Douai, où il soulève les pneus. Il y en aura 350 en tout dans les 18 mois. Des gains de productivité, plus nombreux encore, qui se retrouveront dans le prix final payé par le client, avec un impact positif à deux chiffres.
Pour François Provost, c'est bien simple, "nous devons être les meilleurs partout où nous pouvons l'être. Ma vision pour Renault Group est d'être le constructeur européen de référence". Il est en tout cas confiant que futuReday permet justement au groupe de voir le futur avec optimisme dans un monde bien difficile pour les constructeurs européens. Le groupe est prêt à faire face à tout ce qui peut arriver".