Quand Elon Musk et J.D. Vance misent sur l'AfD : "Ce n'est pas négatif"
Cette ingérence favorisera-t-elle l'Alternative pour l'Allemagne dans les urnes ?
- Publié le 22-02-2025 à 21h00
- Mis à jour le 23-02-2025 à 10h26

Le cas est unique. Jamais une personnalité étrangère n'a joué un rôle aussi important qu'Elon Musk dans une campagne électorale allemande. L'homme le plus riche du monde, patron de X et Tesla, conseiller personnel du président Donald Trump, affiche de manière répétée son soutien au parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne. Tribune dans un journal dominical, conversation sur sa plate-forme X avec Alice Weidel, intervention lors d'un meeting électoral de l'AfD: Elon Musk juge ce parti comme le seul à pouvoir "sauver l'Allemagne", quitte, au passage, à remettre en cause la politique mémorielle du pays. Et il ne s'arrête pas. En décembre, il a qualifié le chancelier Olaf Scholz de "bouffon" et le président Frank-Walter Steinmeier de "tyran antidémocratique".
Elon Musk n'est toutefois pas le seul à interagir dans la campagne électorale allemande. Lors de son passage à Munich la semaine dernière, le vice-président américain J.D. Vance a appelé Berlin à ne pas "exclure des coalitions gouvernementales les partis fortement ancrés à droite qui s'opposent à l'immigration". Dans la foulée, il rencontrait Alice Weidel en privé.
Pas de mauvaise publicité
Très inhabituelle, cette ingérence inquiète de nombreux Allemands, comme le reflètent les manifestations contre l'extrême droite et les réactions outrées de la classe politique. Friedrich Merz, favori des sondages, souhaite répondre à Elon Musk, s'il devient chancelier. "Ce qui s'est passé pendant cette campagne ne peut rester sans réponse", a-t-il déclaré au Wall Street Journal, sans détailler sa pensée.
Cette ingérence favorisera-t-elle l'AfD dans les urnes alors qu'une partie de ses électeurs montrent des tendances anti-américaines ? "Je ne me suis jamais attendu à ce que ce soutien fasse augmenter nos intentions de votes", a répondu à ce sujet le coprésident du parti Tino Chrupalla. "Mais le fait qu'un entrepreneur étranger nous reconnaisse contribue à notre normalisation. Ce n'est pas négatif", estime-t-il, en constatant déjà des effets sur les dons perçus par son parti. Comme le dit le dicton, il n'y a pas de mauvaise publicité.