Geoffrey Meuli, photographe, nous parle de ses "spots" préférés
Geoffrey Meuli (46 ans) est photographe indépendant. Il nous parle de ses "spots" préférés en province de Liège.
- Publié le 19-04-2025 à 18h10

Avant de se lancer comme professionnel dans la photo, Geoffrey Meuli jonglait avec sa sensibilité entre le 3e art (la photographie, qui fait partie d'un tout englobant également la peinture, le dessin, le graphisme…) et le 4e art (la musique). Voici huit ans, il a franchi le pas et s'est installé comme photographe indépendant. Cela l'a amené à sillonner la province de Liège, pour répondre à des demandes de clients, mais aussi pour trouver des spots lui permettant de s'exprimer au mieux.
Des coins de nature (il a amené une incroyable touche créatrice dans le monde de la course à pied, mode trail), mais aussi des choses plus urbaines. De l'éclectisme avec, derrière, ce besoin d'aller toujours au-delà du convenu."Ce que tout le monde voit est peut-être beau, mais je ne veux jamais m'arrêter là", avance-t-il. "Il faut chercher, tourner, être curieux, puis éventuellement trouver ce que vous voulez."
L'homme ne souhaite pas partager de "spots secrets" bien précis. D'autres visites nuiraient à l'authenticité de ceux-ci. L'intérêt qu'il y trouve finirait "souillé". Il accepte cependant une "géolocalisation" plus vague, souvent connue. Surtout, il nous confie son ressenti par rapport à l'atmosphère dégagée par ces lieux photogéniques.
La Savane de Ninane
"Voici un endroit hors du commun, dans la commune de Chaudfontaine, près du village de Ninane. On s'y sent tout à fait ailleurs. Ce sont les herbes hautes qui font penser à la savane africaine. Il y a aussi ces petits arbres qui ne poussent pas, à cause, paraît-il, d'une pollution venue jadis d'entreprises de la vallée. C'est là que j'ai fait mes premières armes de photos exotiques. J'aime beaucoup parce que l'endroit me transporte ailleurs. Lorsque je regarde à travers mon objectif, je suis sur un autre coin de la planète. Bon, l'aspect authentique a été un peu gommé à force, mais je vais encore y retourner, c'est sûr. Sans doute pour découvrir d'autres petits endroits que je ne connais pas…"
De Jemeppe au Val Benoît
"En prenant de l'âge, mon œil s'est de plus en plus habitué à l'urbain (pas à l'urbex, qui est une notion différente, et dont je ne suis pas très fan). Une vieille porte de garage, une ombre sur un mur, de la rouille qui concorde avec la couleur des yeux d'un sujet…: j'y trouve toujours quelque chose. J'habite sur les hauteurs de Sclessin. En dessous, c'est la Meuse, le bassin sidérurgique que l'on démonte… Je n'ai pas encore tout exploré entre Jemeppe et le Val Benoît, juste avant d'entrer dans Liège, mais j'aime ce que j'y vois. J'ai ainsi un long mur de briques rouges, avec une bande blanche au-dessus, qui m'inspire beaucoup. J'y ai fait plusieurs shootings. C'est mon "Roland-Garros" à Sclessin…"
Les Hautes Fagnes
"Incontournable. Beaucoup de choses y sont connues, comme par exemple ces arbres jaillis de nulle part, le Noir Flohay. Je préfère errer et découvrir des spots, en pensant à la présence d'un loup. En essayant de tomber sur lui. Cet endroit est une source d'inspiration pour tout Liégeois."
La montagne de Buren
"L'âme historique de Liège, avec ses escaliers, ses petites impasses, ses pavés au caractère brut qui habillent l'image. Cet endroit doit rester tel quel. Dans cette ville qui se modernise de plus en plus, ces escaliers constituent un endroit de résistance. Rappelez-vous quand on les a peints aux couleurs de la Palestine."
